Le Bundesrat, le Conseil fédéral allemand, devrait approuver le 14 juin prochain un décret gouvernemental interdisant le HHC (hexahydrocannabinol) et d’autres nouveaux cannabinoïdes sur le territoire national. Cette décision alignera l’Allemagne sur plusieurs autres pays européens ayant déjà pris des mesures similaires, notamment l’Italie, la France, l’Estonie, la Pologne, la Suède, la Bulgarie, la Suisse, la Belgique et le Danemark.
Le HHC et les cannabinoïdes similaires sont des substances synthétiques ou semi-synthétiques qui produisent des effets psychoactifs comparables au THC du cannabis. Cependant, contrairement au cannabis naturel, ces nouveaux composés présentent un profil de sécurité largement inconnu, avec des risques potentiels d’effets secondaires et de dépendance.
Le ministère allemand de la Santé justifie cette interdiction par plusieurs facteurs :
- Le manque de données sur la sécurité de ces substances
- Leur potentiel élevé de dépendance et d’effets psychoactifs
- Des rapports faisant état d’effets indésirables graves liés à leur consommation
- La commercialisation croissante de ces produits, souvent présentés comme des alternatives légales au cannabis
Cette interdiction coïncidera avec l’ouverture du salon Mary Jane à Berlin, l’un des plus importants événements dédiés au cannabis en Allemagne. Cette décision pourrait avoir un impact significatif sur les exposants commercialisant des produits à base de HHC et d’autres cannabinoïdes synthétiques.Il est important de noter que cette mesure intervient dans un contexte particulier pour l’Allemagne, qui vient de légaliser le cannabis récréatif. À partir du 1er juillet 2024, le pays mettra en place un système de clubs sociaux de cannabis, permettant aux adultes de cultiver et de partager du cannabis dans un cadre réglementé.
L’interdiction du HHC en Allemagne s’inscrit dans une tendance plus large observée en Europe. Il est possible que l’industrie des cannabinoïdes semi-synthétiques cherche à développer de nouvelles substances non couvertes par la législation actuelle, comme le CB9 ou le 10-OH-HHC, pour contourner ces restrictions. Cette évolution souligne la nécessité d’une approche réglementaire dynamique et adaptative face à l’émergence constante de nouvelles substances psychoactives.